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http://actu.iletait.ch/?p=426 Coralia Rodriguez et le “Voyage à Cuba” Publié par Nouveau Reportage | Classé dans CONTES, VENDREDI 8 MAI … Avant la fin de la journée suivante, le soleil darda…

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Coralia Rodriguez et le “Voyage à Cuba”

Publié par Nouveau Reportage | Classé dans CONTES, VENDREDI 8 MAI

… Avant la fin de la journée suivante, le soleil dardait encore ses rayons quand certains peinaient à boucler leur semaine. Fourmillement frénétique au centre de Fribourg, autour de la gare. Dans cette effervescence, ceux qui avaient leur billet pour un Voyage à Cuba, tranquilles, répondaient à l’invitation généreuse de l’affiche du Festival International du Conte: Découvrez le pays du soleil! Des enfants se dirigeaient en sautillant vers l’Ancienne Gare: «Papa, c’est où le spectacle?».

Tous les amateurs de chaleur, de fruits et rythmes exotiques étaient là, presque tous, petits et grands, pour écouter les histoires de l’île, vert crocodile aux yeux d’or et de pierre. Un crocodile vert, aux yeux d’or et de pierre, flottant sur les mers, et dont s’échappaient des histoires. Ainsi parla Coralia Rodriguez, magnifique conteuse de La Havane.

Primera historia

Une grand-mère raconte une histoire pour endormir un petit garçon. Le guitariste Paco Chambi accompagna la berceuse d’un son ample et de sa voix chaude. Tantôt suave, tantôt menaçante, quand l’enfant gardait les yeux grands ouverts malgré toute la douceur déployée dans sa voix, Coralia nous apprit ainsi en espagnol «Encore!», «No, no, no» et «D’accord».

«Vous comprenez? Répétez après moi. Allez, essayez! Je vais vous apprendre la belle langue espagnole». D’entrée de jeu, la conteuse encouragea le public à interagir, s’avançant et se penchant vers lui, et le sensibilisa à sa langue maternelle. «Ici, tout le monde est polyglotte!» Elle nous rappela aussi ceci: «Nous sommes tous des enfants, des enfants de zéro à cent ans». De acuerdo.


Avec toute la qualité de ses gestes et l’expressivité de son beau visage, Coralia décrivit le melon qui récompenserait l’enfant s’il dormait, et tissa la suite de l’histoire avec les suggestions qu’elle alla cueillir dans le public. C’est la musique finalement qui emporta le negrito au pays des rêves. Chut!

Le soleil réveilla la grand-mère de ses caresses au petit matin, mais le petit malin dormit bien lui. Comment le réveiller? «Avec une alarme!» répondit un enfant. Non, non, non ce n’est pas possible, il n’y a pas de réveil-matin à Cuba, c’est seulement en Suisse qu’on est réveillé ainsi! «Avec un verre d’eau?», «Avec des bisous?», les propositions les plus contrastées fusèrent. Pas de verre d’eau! Car ce qu’il faut, c’est de la douceur, rien que de la douceur… Et un océan de bisous pour lui, partout, partout. Rien n’y fit. La scène de la préparation du melon parfumé, au rythme du cajòn, fit osciller la salle, invitée à entrer dans la danse. Au réveil, l’enfant entra tout frais dans la journée, remerciant, embrassant sa grand-mère pour la musique, la danse, le melon, et fila à l’école.

Une histoire simple, douce, efficace. Preuve en est la qualité de l’écoute du public.

Autres histoires

Avec l’apprentissage rapide de la chanson magique de Madame la Crabasse, la femme du Crabe, Coralia invita ensuite chacun à plonger les yeux au fond de la mer pour décrire ce qu’on y voyait. Les bras des enfants s’agitaient comme des antennes de crevettes pour participer d’une idée ou l’autre à cette jolie histoire.

La conteuse créa ensuite un certain mystère autour d’une nouvelle histoire qu’elle destinait plutôt aux grands qu’aux enfants. Une tactique fine pour susciter encore mieux leur attention! Ceux qui durent sortir comme des souris pour un petit besoin urgent revinrent vite, vite reprendre leur place tout devant. Une belle démonstration de comment parler de l’amour aux enfants, des différences entre l’homme et la femme, des origines du monde, du plaisir… Avec beaucoup de tact et de poésie. Et de naturel surtout.

Elle profita de cette écoute intense pour expliquer le métissage de son île et de sa peau café au lait, le lait de l’Espagne et le café de l’Afrique. Une explication simple, profonde de l’esclavage, en remerciant les Africains pour les histoires offertes à Cuba. Don des chants et des danses contre la captivité. Ou pourquoi la tortue se déplace aujourd’hui si lentement, avec une carapace toute rapiécée sur le dos?
Elle termina par la merveilleuse histoire de la danse à Cuba, avec les aventures de Akeke le scorpion malicieux qui s’ennuyait. Les enfants sortirent de l’univers des contes de Cuba en chantant à tue-tête Aïe! Aïe! et Aïe! Aïe! Aïe!, la chanson d’Akeke, se tortillant en mouvements de pieds et claquements de mains.

Il était temps d’aller dormir, avec le doux souvenir des berceuses de Coralia. Ou de demander encore une histoire, juste encore une! …

Texte | Marylin Grandjean

Photos | Nicolas Brodard

Permalien | Commentaires (0) | 9 mai 2009

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